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Maxime Demers, journaliste 24 Février 2008
Et si Juno causait la surprise....
C'est ce que plusieurs experts se disent depuis quelques jours à Los Angeles. Il y a une semaine, personne n'aurait eu le culot de prédire une victoire de cette charmante et brillante comédie dramatique réalisée par le Montréalais d'origine Jason Reitman. Mais aujourd'hui, à quelques heures du gala, le vent semble avoir un peu tourné. La raison est simple: Juno est, des cinq candidats en lice, le seul qui fait vraiment l'unanimité. Certes, No Country For Old Men est le grand favori, mais sa fin peu hollywoodienne et énigmatique en a hérité plusieurs. There Will Be Blood a été salué comme un chef d'oeuvre par plusieurs mais certains ont, en revanche, détesté. Atonement, une grande fresque romantique comme Hollywood les aime, aurait pû avoir des chances aussi, mais le buzz pour le drame de Joe Wright n'y est plus.
Quant à Juno, tout le monde a adoré, sans exception. Mais de là à ce que les membres de l'Académie votent pour le film de Reitman, pas sûr. Le gros problème, c'est que c'est une comédie et qu'Oscar aime généralement récompenser les drames plutôt que les comédies. Mais qui sait? C'est déjà arrivé et ça pourrait encore arriver...
Des Oscars mouillés
Franchement, les organisateurs ne pouvaient envisager pire scénario pour le 80e anniversaire des Academy Awards, côté météo. Il est déjà très rare qu'il pleuve à Los Angeles, alors un week-end complet d'averses, c'est carrément extraordinaire. Il y a bien eu quelques éclaircies hier mais au moment où j'écris ces lignes, alors que les stars se mettent tout beaux et toutes belles pour leur plus plus grande sortie glamour de l'année, il pleut à boire debout. Mais rassurez-vous, le tapis rouge déroulé à l'entrée du Kodak Theatre est bien protégé par un toit (style Abri Tempo de luxe) qui ne nuit pas à la lumière et qu'on ne voit pas à la télé. Alors, aucune vedette ne verra sa mise en pli démolie par la pluie...
23 Février 2008
Qu'est-ce qu'un film canadien?
Le Consul canadien à Los Angeles donnait hier après-midi à sa résidence de Beverly Hills une réception en l'honneur des Canadiens en nomination aux Oscars (il y en a pas moins d'une dizaine!) cette année. Ce qui m'a donné l'occasion de jaser un brin avec Jason Reitman, le réalisateur du charmant Juno, le succès surprise de l'année dont tout le monde parle en ce moment à LA et qui est en nomination pour quatre pris demain soir (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure actrice pour Ellen Page).
Fils du réalisateur Ivan Reitman (Ghostbuster), Reitman est né à Montréal mais il y est resté quelques semaines seulement avant que sa famille s'installe pour de bon en Californie. Mariée à une fille de Vancouver et détenteur d'un passeport canadien, il se sent donc Canadien à part entière. Et pour lui, son film l'est tout autant, même s'il a été financé par un studio hollywoodien. Il m'a d'ailleurs avoué qu'il était un peu déçu que son film n'ait pas été éligible pour le gala des Génie (les Oscars canadiens): « Le film a été tourné à Vancouver, avec des techniciens canadiens, il a été réalisé par moi qui suis canadien et il met en vedette deux acteurs canadiens (Ellen Page et Michael Cera), m'a-t-il dit. Il y a aussi dans Juno une perspective, une ouverture face à la famille, qui est à mon avis plus canadienne qu'américaine. Alors, je ne comprends pas en quoi mon film est moins canadien qu'Eastern Promises (de David Cronenberg), qui se passe dans le milieu de la mafia russe à Londres, qui a été tourné à Londres avec des techniciens anglais et qui met en vedette des acteurs américains et français... " ( Eastern Promises a obtenu 12 nominations aux Génie). Alors, je vous pose la question: quel film est plus canadien que l'autre? Celui qui a été financé par des Américains mais tourné au Canada avec et par des Canadiens (Juno)? Ou celui qui a été financé minoritairement par des Canadiens et qui a été tourné par un Canadien (Cronenberg) mais à Londres, avec des techniciens anglais et des acteurs internationaux (Eastern Promises)? 22 Juin 2007
Harry Potter mourra-t-il?
Un pirate informatique a prétendu il y a quelques jours avoir mis la main sur un manuscrit du 7e et dernier livre Harry Potter qui sort en librairie dans moins d'un mois (le 21 juillet) en infiltrant l'ordinateur d'un employé de la maison d'édition qui publie les romans de la série. Il prétend avoir trouvé la lecture du livre « inutile et ennuyeuse » et il mentionne au passage les noms des deux personnages principaux qui, soit disant, ne survivront pas au dernier chapitre. Et selon lui, Harry Potter ne serait pas l'un d'eux...
Un rumeur parmi tant d'autres, a répliqué aujourd'hui la maison d'édition des Harry Potter. On sait que l'auteure J.K. Rowling a déjà annoncé l'an passé que deux de ses personnages allaient mourir mais elle tient mordicus à ce que le dénouement de sa saga demeure un secret jusqu'à la dernière minute. Et vous, qu'en pensez-vous? Harry Potter mourra-t-il, comme certains (dont son interprète Daniel Radcliffe) semblent le croire? Ou est-ce que ce sera plutôt un de ses deux fidèles amis, Hermione et Ron? 25 Mai 2007
un Arcand ordinaire
Ça y est: on l'a vu. Je sors tout juste de la première projection officielle de L'Âge des Ténèbres, le nouveau film de Denys Arcand dans une salle de 300 places remplie à craquer. Et alors? Bof, ordinaire... Et autant vous dire tout de suite: l'accueil n'a pas été génial. Aucun applaudissement à la fin de la projection, ce qui est plutôt rare à Cannes. On a même vu quelques personnes (une quinzaine, au moins) quitter la salle en plein milieu de la projection.
Comme de fait, sans être mauvais (au contraire!), le nouveau film d’Arcand n’est pas tout à fait réussi. L'idée de départ est bonne mais Arcand s'est trop éparpillé en sapoudrant son récit d'épisodes oniriques et de fantasmes (imaginés par son personnage principal) répétitifs, et souvent boiteux et peu subtils. Certaines sont inutiles (comme celle où Jean-Marc s’imagine en vedette de cinéma invitée sur le plateau du Tout le monde en parle de Thierry Ardisson), d’autres son carrément ridicules (Jean-Marc, en preux chevalier, chantant la pomme à une belle princesse). Mais surtout: il y a trop de ces fantasmes dans le film. Beaucoup trop, ce qui fait qu’on s’en lasse vite. En revanche, les scènes du quotidien ennuyant du personnage principal (Jean-Marc, un fonctionnaire qui s’emmerde et qui rêve à une vie plus excitante) sont très réussies. Touchantes, justes, parfois très drôles et grinçantes... On a d’ailleurs entendu quelques bons éclats de rire ici et là pendant la projection. Dans le rôle de Jean-Marc, Marc Labrèche est émouvant. Son jeu est d’une simplicité étonnante, très loin bien sûr de ses délirants personnages du Coeur a ses raisons. À l’image des fantasmes de Jean-Marc, les thèmes et les messages du film (l’échec de notre société, l’ennui, la solitude, l’absence de communication, etc...) sont soulignés à très gros traits et un peu trop souvent. Mais entendons-nous: ce n’est pas un mauvais film pour autant. Ce n’est juste pas un grand film, comme les classiques d’Arcand. Dans ce sens, L’Âge des Ténèbres peut être vu comme une déception. Allez, sur ce, je vous laisse, il faut que j’aille écrire la critique complète du film qui sera publiée dans Le Journal de Montréal de demain. |
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